L’IA transforme le marché du travail et appelle à un effort accru de montée en compétences : PwC AI Jobs Barometer 2026

Diegem, le 15 juin 2026 – Les entreprises les plus avancées dans l’adoption de l’IA ne se contentent pas d’enregistrer une croissance plus rapide : elles voient aussi leurs effectifs progresser davantage. Depuis 2022, les entreprises les plus exposées à l’IA ont triplé leur avance en matière de croissance de la productivité de la main-d’œuvre par rapport aux entreprises les moins exposées. Alors que le déploiement de l’IA s’accélère, la transformation des compétences s’intensifie au même rythme. La montée en compétences et l’apprentissage tout au long de la vie sont donc plus que jamais essentiels. C’est l’un des principaux constats du Global AI Jobs Barometer 2026 de PwC, basé sur l’analyse de près d’un milliard d’offres d’emploi et de milliers de rapports financiers d’entreprises sur six continents, y compris la Belgique. « Rien ne permet de penser que l’IA fera fondamentalement disparaître les emplois, mais elle influence fortement les compétences requises. Les compétences humaines telles que l’empathie, le leadership et l’esprit critique sont de plus en plus recherchées. Pour d’autres métiers, l’IA peut être un levier d’inclusion et d’activation », déclare Patrick Boone, Chairman de PwC Belgium.
À présent que l’IA a dépassé le stade expérimental dans de nombreuses organisations, son impact sur le marché du travail devient plus tangible. Plutôt que de menacer l’emploi, l’IA contribue à remodeler un marché du travail qui évolue tout en continuant à croître, selon l’analyse de PwC fondée sur près d’un milliard d’offres d’emploi et des milliers de rapports financiers d’entreprises réparties sur six continents.
Les entreprises qui utilisent l’IA de la manière la plus extensive la considèrent de plus en plus comme un accélérateur de croissance plutôt que comme un simple outil d’automatisation. L’analyse de PwC montre que les leaders qui utilisent l’IA pour renforcer les performances humaines enregistrent une croissance plus rapide de la productivité, des effectifs et des salaires. Depuis 2022, les entreprises les plus exposées à l’IA ont triplé leur avance en matière de croissance de la productivité du travail par rapport aux entreprises les moins exposées. Une analyse plus fine montre qu’un petit groupe de « superstars » au sein des entreprises les plus exposées obtient des gains de productivité nettement supérieurs. Les entreprises les plus exposées affichent dans leur ensemble un taux de croissance de la productivité de 33,5 %, tandis que les superstars – soit le cinquième le plus performant de ces entreprises – atteignent 163 %.
- Productivité : la croissance moyenne de la productivité dans les entreprises les plus exposées à l’IA atteint 33,5 %, tandis que le top 20 % des « superstars » grimpe à 163 %.
- Effectifs : les entreprises les mieux positionnées pour tirer parti de l’IA enregistrent une croissance des effectifs plus rapide que les entreprises les moins exposées à l’IA (53 % contre 36 %) ainsi qu’une croissance salariale plus élevée (24 % contre 17 %). 32 % des leaders de la performance liée à l’IA s’attendent à une hausse des effectifs d’au moins 5 %, contre 17 % des entreprises en deçà de leur potentiel.
- Salaires : la progression des salaires est plus élevée dans les entreprises les plus exposées (24 % contre 17 % pour les moins exposées). La prime salariale liée aux compétences en IA (par exemple le prompt engineering) atteint désormais 62 %.
Dans tous les secteurs, l’IA passe de l’expérimentation à la transformation, aidant les organisations à améliorer la qualité, l’efficacité et la dimension humaine du travail. En Belgique, le segment Technology, Media and Telecoms (TMT) a affiché la plus forte part d’offres d’emploi liées à l’IA, ce qui reflète son rôle de secteur le plus intensif en numérique. À l’exception du segment Energy, Utilities and Resources, qui a connu un léger recul de la part des offres liées à l’IA, tous les secteurs ont enregistré une hausse de la part des emplois liés à l’IA en 2025, ce qui indique une croissance généralisée du recrutement de compétences en IA. Cela suggère que l’adoption de l’IA en Belgique s’étend à l’ensemble de l’économie, plutôt que de se concentrer dans un nombre limité de secteurs.
Michiel De Keyzer, Director Cloud, Data and AI chez PwC Belgium, commente : « Aujourd’hui, réussir suppose d’aller au-delà d’expériences isolées. En mettant en place des modèles opérationnels et de delivery évolutifs, les organisations peuvent réinventer structurellement leurs processus et transformer leurs modèles d’affaires en profondeur. Cette transformation repose sur une solide conduite du changement, des plateformes technologiques et une architecture robustes, une gouvernance et une conformité rigoureuses, ainsi que sur des données fiables et de qualité – mais avant tout sur les bonnes compétences, au bon endroit. »
Impact sur le marché du travail et l’inclusion
Plutôt que de simplement remplacer les emplois, l’IA les transforme de manière fondamentalement différente. À une extrémité du spectre, elle professionnalise le travail, en automatisant les tâches routinières et en renforçant l’importance de l’expertise humaine, du jugement et de la créativité. À l’autre extrémité, elle démocratise le travail, en abaissant les barrières de compétences pour des tâches complexes et en orientant certains rôles vers des activités moins spécialisées. Cette divergence crée deux trajectoires sur le marché du travail, avec des effets très contrastés. Les 22 % d’emplois en voie de professionnalisation croissent deux fois plus vite que les emplois démocratisés (52 % des emplois) et enregistrent, depuis 2021, une croissance salariale supérieure de 42 %.
Les emplois professionnalisés évoluent vers une demande d’expertise accrue, comme c’est le cas pour les radiologues, les contrôleurs aériens ou les recruteurs. Alors qu’on s’attendait autrefois à ce que ces fonctions soient remplacées, elles affichent aujourd’hui une demande, des salaires et des exigences en compétences en hausse.
Sur la base de l’analyse de 2,4 millions d’emplois de niveau débutant aux États-Unis, ces fonctions exposées à l’IA sont sept fois plus susceptibles d’exiger, dès le niveau junior, des compétences traditionnellement associées à des profils plus seniors, comme le leadership ou la pensée stratégique, que les postes juniors les moins exposés. Le nombre de ces offres d’emploi de niveau débutant a progressé de 35 % depuis 2019, tandis que les autres fonctions de début de carrière reculent.
À l’inverse, les données de PwC montrent que l’IA réduit fortement l’expertise humaine nécessaire dans certains emplois démocratisés, ce qui améliore l’accessibilité au travail et ouvre des opportunités à un groupe plus large de chercheurs d’emploi moins qualifiés.
Xavier Verhaeghe, Advisory Leader chez PwC Belgium, déclare : « L’IA peut aussi favoriser l’inclusion en rendant le travail plus accessible et en créant des parcours flexibles et encadrés pour les personnes sans emploi ou qui reviennent après une longue maladie. Tout au long de ce processus, un dialogue ouvert sur le lieu de travail reste essentiel, soutenu par la formation, la transparence sur l’usage de l’IA et une réelle implication des collaborateurs. »
Implications pour les employeurs
Les métiers se transforment, et les travailleurs doivent évoluer eux aussi. À mesure que les entreprises transforment leurs opérations grâce à l’IA, elles doivent anticiper explicitement l’impact sur leur main-d’œuvre. De la conception des tâches à la formation, en passant par la sécurité psychologique et la prise en compte de la voix des travailleurs, c’est la manière même d’organiser le travail qui doit être repensée. L’urgence d’investir dans la montée en compétences est élevée. En particulier dans les fonctions les plus exposées à l’IA, les compétences évoluent à un rythme plus de deux fois supérieur à celui des fonctions les moins exposées. Les nouvelles tâches ajoutées dans les rôles les plus exposés à l’IA ont 2,5 fois plus de chances de s’appuyer sur des compétences « intensément humaines » comme l’empathie, la créativité, le leadership et le jugement.
Outre la montée en puissance des compétences humaines, les compétences en IA progressent elles aussi rapidement. À l’échelle mondiale, le recrutement de spécialistes de l’IA a augmenté environ huit fois plus vite que le recrutement global en 2025, et cette hausse s’observe dans toutes les régions et tous les secteurs. Toutefois, en Belgique, la part des offres d’emploi liées à l’IA n’est passée que de 1,8 % à 2,1 % en 2025. PwC Belgium souligne qu’un ralentissement du développement de l’IA sur le marché belge serait hautement indésirable.
À l’échelle mondiale, le secteur Tech, Media and Telecom arrive en tête, avec 11,4 % des offres 2025 portant sur des spécialistes de l’IA. En Belgique, les rôles d’utilisateurs de l’IA représentent la majorité des emplois liés à l’IA et continuent à soutenir la demande globale. Néanmoins, la demande pour ces rôles a reculé d’environ 1 600 postes en 2025. De même, les rôles belges de développeurs IA ont connu une baisse plus marquée, avec une diminution d’environ 3 200 postes en 2025. Globalement, cela traduit un affaiblissement de la demande dans les deux catégories au cours de l’année écoulée, avec une baisse de 5,7 % pour les rôles d’utilisateurs de l’IA et de 26,4 % pour les rôles de développeurs IA, après une période de croissance plus soutenue.
Nathalie Parent, People and Transformation Partner chez PwC Belgium, explique : « Pour réussir la transformation par l’IA, les organisations doivent repenser les métiers de manière intentionnelle, en déterminant quelles tâches l’IA doit prendre en charge et quelles capacités humaines – comme l’empathie, le jugement et la créativité – elles souhaitent renforcer. En parallèle, elles doivent accélérer l’apprentissage grâce à des parcours modulaires axés sur la progression et sur le développement continu des compétences, tout en repensant les rôles d’entrée de carrière afin que les jeunes talents puissent développer plus tôt des capacités de niveau senior grâce au coaching, à l’apprentissage entre pairs et à une plus grande responsabilisation. L’urgence de faire monter les équipes en compétences et de les reconvertir ne fait aucun doute. »
À propos du AI Jobs Barometer 2026 de PwC
L’AI Jobs Barometer a analysé plus d’un milliard d’offres d’emploi dans 27 territoires. Le Barometer combine des données à grande échelle sur le marché du travail, les performances financières des entreprises et les tâches associées aux métiers afin de comprendre comment l’IA transforme les emplois, les compétences, les salaires et la productivité dans l’économie mondiale. Cette édition comprend en outre une analyse ciblée des emplois de début de carrière, notamment sur l’évolution des compétences requises dans les fonctions fortement exposées à l’IA. Le rapport complet, la méthodologie et les principaux enseignements sont disponibles sur www.pwc.com.
Nos experts son disponibles pour interviews:
- Xavier Verhaeghe, Technology & Innovation - Advisory Leader
- Nathalie Parent, Workforce Transformation partner
PwC AIJB 2026 Belgium Report.pdf
PDF 4.8 MB
2026 Global AI Jobs Barometer.pdf
PDF 11 MB
À propos de PwC
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Tess Minnens