Le monde doit réduire l’intensité carbone cinq fois plus vite pour atteindre l’objectif de 1,5°C de l’accord de Paris

Le monde doit réduire l’intensité carbone cinq fois plus vite pour atteindre l’objectif de 1,5°C de l’accord de Paris

Indice PwC Économie zéro émission nette

  • Un taux de décarbonation de 11,7 % est nécessaire pour préserver la trajectoire de 1,5°C prévue par l’accord de Paris.
  • Les émissions mondiales de carbone liées à l’énergie ont augmenté de 0,5 % jusqu’en 2020.
  • La décennie 2020 s’annonce décisive : alors que la hausse des températures mondiales se rapproche chaque année du seuil de 1,5°C, une décarbonation sans précédent s’impose, année après année, dans tous les secteurs et toutes les régions.

 

19 janvier 2021 - Selon une nouvelle analyse de PwC, un taux de décarbonation de 11,7 % par an, soit cinq fois plus que ce qui a été réalisé jusqu’en 2020 (2,4 %), est désormais nécessaire pour maintenir le réchauffement à 1,5°C. L’indice PwC Net Zero Economy indique que, sur la base des tendances actuelles en matière de consommation d’énergie et de génération d’émissions de CO2, le budget carbone mondial du siècle serait épuisé d’ici à la fin de la décennie. Dans un contexte où les économies mondiales planifient leur relance post-pandémie, l’indice est un signal d’alarme sur les risques d’un retour au « business as usual » dans la course à la reprise et à la croissance.

Une décennie charnière

Fondé sur une année complète de données énergétiques et économiques à partir de 2019 (la plus récente disponible), l’indice de cette année souligne le ralentissement des avancées enregistrées dans le découplage de la croissance des émissions de CO2 liées à l’énergie et de la croissance économique. Il montre aussi que les combustibles fossiles ont continué à dominer le bouquet énergétique. En 2019, les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 0,5 %, dans le contexte d’une croissance économique de 2,9 %. L’intensité carbone a diminué de 2,4 %, ce qui est supérieur au taux moyen de décarbonation à long terme de 1,5 % par an, mais loin de correspondre aux progrès nécessaires pour maintenir l’augmentation de la température mondiale sous le seuil de 1,5°C (11,7 % par an).

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En 2020, les combustibles fossiles continuent de dominer dans le monde entier. Le gaz naturel et le pétrole représentent ainsi à eux seuls 57 % de l’augmentation de la consommation d’énergie. La consommation mondiale d’énergie a augmenté de 1,3 %, bien que l’année 2019 ait connu une baisse de 0,6 % de la consommation de charbon, une première depuis 2016. La consommation de pétrole (en hausse de 0,8 %) et de gaz naturel (en hausse de 2,0 %) a régulièrement augmenté. En ce qui concerne les énergies renouvelables, malgré des taux de croissance record dans l’éolien (12,1 %) et le solaire (23,8 %), elles ne s’adjugent mondialement que 11 % de la consommation mondiale d’énergie.

Marc Daelman, associé chez PwC Belgique : « Nous manquons chaque année notre objectif de réduction des émissions de carbone. La tâche est de plus en plus difficile et la transition nécessaire n’en sera que plus radicale. Nous avons désormais besoin de décarboner et de transformer les organisations, les industries et les habitats à une échelle et à un rythme sans précédent. La baisse des émissions mondiales liée à la pandémie de l’année passée va vite céder la place à un rebond, avec la relance et l’ouverture totale des économies. Nous devons réagir rapidement pour reconstruire en misant sur des infrastructures, des technologies et des solutions propres et parées pour le futur. Le nombre d’entreprises, d’investisseurs et de gouvernements qui s’engagent à atteindre l’objectif ambitieux de zéro émission nette en 2020 est un signe encourageant de l’émergence d’un sentiment commun d’urgence. Nous avons un peu plus de deux cycles économiques pour transformer chaque secteur de l’économie mondiale afin de réduire de moitié les émissions mondiales. Pour dire les choses simplement, nous entamons une décennie charnière. »  

Émissions et consommation d’énergie

L’UE a bien progressé dans la décarbonation des systèmes électriques grâce aux énergies renouvelables, notamment l’éolien offshore et le photovoltaïque. Pour atteindre les objectifs renforcés fixés dans le cadre du Green Deal européen et de l’accord de Paris, il faudra néanmoins procéder à des transformations plus significatives. Pour la deuxième année consécutive, l’Allemagne a enregistré le taux de décarbonation le plus élevé du G20 (6,6 %), bien au-dessus de la moyenne de l’UE (5,2 %). Ce taux devrait toutefois presque doubler pour atteindre la moyenne mondiale requise (11,7 %) afin de préserver la trajectoire mondiale de 1,5°C.

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À l’échelle mondiale, la Corée, les États-Unis et le Royaume-Uni ont également réussi à réduire leurs émissions de CO2 liées à l’énergie, tout en développant leur économie. Ces pays sont toutefois restés loin derrière le taux de décarbonation nécessaire pour limiter le réchauffement à 1,5°C. L’Afrique du Sud et l’Indonésie font état d’une augmentation de l’intensité carbone pendant plusieurs années consécutives. Avec une croissance du PIB de 6,1 % en 2019, les émissions de CO2 liées à l’énergie en Chine ont augmenté de 3,2 %, tandis que l’intensité carbone y a diminué de 2,8 %. La Chine connaît une croissance dans toutes les sources d’énergie. La production d’énergie solaire et éolienne en Chine représente 29 % de la part mondiale totale et a décuplé depuis 2010. Des changements structurels dans les coûts du gaz naturel et des énergies renouvelables aux États-Unis ont entraîné un taux de décarbonation de 4,7 %.

 

Reinout De Clercq, directeur chez PwC Belgique, évoque l’avenir : « Malgré les réductions temporaires des émissions de gaz à effet de serre liées à la COVID-19, le changement climatique reste l’un des problèmes politiques et commerciaux les plus importants de notre époque. Alors que nous mettons en œuvre des plans et des programmes de relance, nous avons vraiment besoin que la transition nette zéro soit intégrée dans les dépenses écologiques, par exemple pour l’énergie propre ou les infrastructures de transport. L’UE a déjà confirmé que la crise COVID-19 n’empêchera pas l’Europe de se fixer des objectifs climatiques plus ambitieux pour 2030 et que le financement vert sera un élément clé de la reprise. »

 

Téléchargez le rapport complet et le classement mondial ici.

 

À propos de l’indice Économie zéro émission nette :


L’indice PwC Net Zero Economy étudie la décarbonation des émissions de CO2 liées à l’énergie dans le monde entier. L’analyse est étayée par le BP Statistical Review of World Energy, qui reflète les émissions de carbone basées sur la consommation de pétrole, de gaz et de charbon pour les activités liées à la combustion. Les données utilisées dans ce rapport sont les dernières disponibles pour une année complète (2019). L’analyse ne tient pas compte des émissions d’autres secteurs (par exemple AFOLU) ou de tout autre gaz à effet de serre, et ne tient pas compte du carbone séquestré. De ce fait, ces données ne peuvent pas être comparées directement avec les inventaires nationaux des émissions. Le rapport de cette année (l’indice Économie zéro émission nette) remplace l’Indice de l’économie bas-carbone. Il reconnaît à la fois l’objectif ultime que doivent atteindre les entreprises et la société et l’importance et la dynamique croissantes des engagements pris par les entreprises, les gouvernements et les investisseurs en faveur du « zéro net ».

  1. Nous utilisons les données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat sur le bilan carbone global estimé des émissions de combustibles fossiles, extraites du rapport spécial du GIEC sur le réchauffement climatique de 1,5°C, pour estimer les émissions liées à l’énergie associées à la limitation du réchauffement à 1,5°C et 2 °C d’ici à 2100.
  2. Le Rapport 2020 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions (décembre 2020) indique qu’une « reprise post-pandémie verte pourrait réduire jusqu’à 25 % les émissions auxquelles nous nous attendrions d’ici à 2030 sur la base des politiques en place avant la COVID-19. Cette réduction dépasse de loin les économies d’émissions qui seraient réalisées dans le cadre de CDN inconditionnels, même s’il en faudra davantage pour atteindre l’objectif de 1,5°C ».

L’engagement Global Net Zero de PwC :

En septembre, le réseau mondial de PwC a annoncé un engagement mondial fondé sur des données scientifiques pour atteindre un taux net d’émissions de gaz à effet de serre de zéro d’ici à 2030.

  • Nous réduirons de moitié nos émissions totales de gaz à effet de serre d’ici dix ans et investirons dans des projets d’élimination du carbone pour compenser toutes les émissions résiduelles. Nous y travaillerons également avec nos principaux fournisseurs et les aiderons à résoudre leur impact climatique.
  • Avec une présence mondiale dans 155 pays, le réseau PwC a une opportunité importante d’accélérer la transition vers un avenir net zéro en collaboration avec ses clients. Nous travaillons avec 84 % des entreprises du classement mondial Global Fortune 500 et avec plus de 100 000 entreprises privées et entrepreneurs.
  • Nous nous concentrerons sur l’information non financière et l’intégration des facteurs climatiques et autres facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans l’information générale et la gouvernance des entreprises.

 

Contact

Maïté Oreglia

maite.oreglia@pwc.com
0485 07 67 17

www.pwc.com

 

 

 

A propos de PwC Belgique

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