Les travailleurs belges cherchent des repères
Une étude de PwC montre comment les travailleurs belges recherchent la confiance et l’épanouissement personnel dans un marché du travail en pleine mutation

Bruxelles, le 30 septembre 2026 – Les travailleurs belges envisagent l’avenir avec nettement moins de confiance que leurs collègues à l’étranger. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle Global Workforce Hopes & Fears Survey du prestataire de services professionnels PwC. Alors que, partout dans le monde, le marché du travail est mis sous pression par le déploiement de l’intelligence artificielle, l’incertitude économique et l’évolution rapide des attentes, les travailleurs belges cherchent plus que jamais des repères. Parallèlement, l’étude montre qu’ils s’adaptent aussi au changement : en développant de nouvelles compétences et en adoptant les technologies, ils renforcent leur position sur le marché du travail. « Les travailleurs belges ne s’opposent pas au changement, mais ils ont davantage besoin de certitude, de clarté et de confiance », déclare Axel Smits, Workforce Lead Partner chez PwC Belgium.
Dans son enquête annuelle Global Workforce Hopes & Fears Survey, PwC analyse les attentes, les ambitions et les préoccupations des travailleurs dans le monde. L’édition 2026 a interrogé près de 50 000 travailleurs dans 48 pays et régions, dont 1 041 en Belgique, sur leur perception de leur emploi et de leur avenir. Les résultats mettent en évidence à la fois la valeur ajoutée des compétences en IA et un fossé entre ceux qui voient des opportunités et ceux qui vivent dans l’incertitude : les travailleurs veulent s’adapter au changement, mais tous ne se sentent pas aussi bien préparés à ce qui les attend, y compris en Belgique.
Se préparer à un marché du travail en mutation
La réalité économique pèse sur les travailleurs du monde entier, de plus en plus préoccupés par la sécurité de l’emploi. Cette inquiétude est même plus marquée chez les travailleurs belges. Alors que près d’un travailleur sur trois dans le monde se dit très confiant quant à la sécurité de son emploi, c’est le cas de moins d’un travailleur sur quatre en Belgique. Outre la rémunération et les avantages extralégaux, la stabilité de l’emploi reste un critère important dans le choix d’un poste pour environ la moitié des travailleurs belges, contre « seulement » quatre travailleurs sur dix à l’échelle mondiale.
L’enquête mondiale montre toutefois aussi que les travailleurs sont de plus en plus confrontés à de nouvelles technologies, à l’évolution de leurs responsabilités et à la nécessité d’acquérir de nouvelles compétences. La sécurité professionnelle ne consiste plus uniquement à conserver son emploi, mais aussi à avoir confiance dans sa capacité à se préparer à un marché du travail en mutation.
L’IA devient un levier de plus en plus important pour la croissance et le développement
En matière d’utilisation de l’IA, la Belgique suit globalement la même tendance que les autres économies occidentales. Ainsi, 56 % des travailleurs belges utilisent l’intelligence artificielle au travail, soit une proportion comparable à celle de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord, avec respectivement 56 % et 55 %. L’étude montre toutefois que des régions telles que le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique sont nettement plus avancées dans l’adoption de l’IA sur le lieu de travail, avec respectivement 80 % et 72 % des travailleurs qui utilisent cette technologie dans le cadre professionnel.
PwC souligne les avantages de cette adoption : les travailleurs qui utilisent activement l’IA se sentent non seulement plus productifs, mais ont également davantage confiance dans leur avenir professionnel, leurs compétences et leurs perspectives sur le marché du travail.
Fait notable, les Belges ne sont pas plus nombreux que les travailleurs d’autres pays à considérer l’IA comme une menace. Seul un travailleur sur cinq estime que l’IA représente un risque majeur pour son emploi, soit la même proportion qu’à l’échelle mondiale. Le défi réside donc moins dans la crainte que l’IA menace le maintien de l’emploi que dans la rapidité avec laquelle les travailleurs adoptent cette technologie et en tirent parti.
Selon PwC, il s’agit là d’une opportunité importante tant pour les travailleurs que pour les employeurs belges. Les travailleurs qui développent des compétences en IA renforcent leur position sur le marché du travail. Les organisations doivent aider leurs collaborateurs à intégrer l’IA dans leur travail quotidien de manière concrète et pertinente. L’enquête mondiale montre que les travailleurs qui combinent des compétences recherchées avec une utilisation active de l’IA sont particulièrement bien placés pour sortir renforcés du changement. Ils figurent parmi les profils les plus confiants, les plus motivés et les plus ambitieux.
Leur réussite montre que l’employabilité à long terme dépend de plus en plus d’une combinaison d’initiative individuelle, de développement continu et d’un environnement de travail qui encourage l’apprentissage et l’innovation. C’est précisément là que réside l’opportunité pour la Belgique : permettre à davantage de travailleurs d’acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour évoluer avec succès dans un marché du travail en mutation rapide. Investir dans les personnes qui ne sont pas encore en mesure de travailler avec l’IA peut faire toute la différence. Aujourd’hui, ce groupe est moins motivé et a moins confiance tant dans son emploi que dans son management.
La flexibilité reste une attente importante
La sécurité de l’emploi a beau être importante pour les travailleurs belges, cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à faire des concessions sur la flexibilité. Au contraire, le travail à domicile est désormais solidement ancré, tandis que les mesures de contrôle supplémentaires suscitent peu d’enthousiasme.
Les travailleurs belges optent aussi clairement pour un nouvel équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ainsi, 41 % travaillent principalement ou entièrement depuis leur domicile, contre environ un quart à l’échelle mondiale. La Belgique se situe également légèrement au-dessus de la moyenne de l’Europe occidentale, qui s’établit à 38 %, ce qui indique que le travail hybride et à domicile y est plus solidement ancré que dans de nombreuses autres régions du monde. Le revers de la médaille est que les mesures de contrôle supplémentaires suscitent très peu d’enthousiasme : seul un travailleur sur trois serait favorable à un suivi accru sur le lieu de travail.
Cette attitude s’inscrit dans une tendance plus large mise en évidence par l’étude. Les travailleurs ne recherchent pas seulement de la sécurité quant à leur emploi et à leurs perspectives d’avenir : ils s’attendent aussi à ce qu’on leur fasse confiance dans la manière dont ils organisent leur travail. Les jeunes générations, en particulier, considèrent de plus en plus la flexibilité comme un élément évident d’une politique de ressources humaines de qualité.
« Pour offrir aux collaborateurs la confiance, l’autonomie et les opportunités de développement qu’ils recherchent, les employeurs attendent également un haut niveau de motivation et d’engagement. Alors que la guerre des talents semble s’atténuer, il reste à voir comment les employeurs continueront à répondre aux attentes élevées des jeunes générations. Les employeurs sont prêts à investir dans le développement de leurs collaborateurs, mais cet investissement doit s’accompagner d’un engagement réciproque. Dans les années à venir, demander davantage de flexibilité à lui seul ne suffira probablement pas pour rester pertinent sur un marché du travail compétitif », déclare Axel Smits, Workforce Lead Partner chez PwC Belgium.
La confiance et le développement deviennent les clés de la résilience
Dans un marché du travail en mutation, l’émergence de nouvelles compétences est inévitable. Presque toutes les personnes interrogées dans le monde ont développé de nouvelles compétences au cours de l’année écoulée, et plus de la moitié ont appris à utiliser de nouveaux outils et de nouvelles technologies. Les travailleurs disposent aussi de nombreuses possibilités pour le faire : trois sur quatre estiment bénéficier d’occasions suffisantes d’acquérir de nouvelles compétences. La situation est différente en Belgique, où seuls deux travailleurs sur trois en sont convaincus. La confiance dans leur propre capacité à acquérir de nouvelles compétences est également plus faible : 67 % des travailleurs belges disent avoir confiance dans leur capacité à développer de nouvelles compétences, contre 77 % à l’échelle mondiale et 76 % en Europe occidentale.
« Il s’agit d’un signal important pour l’enseignement, qui doit absolument avoir pour mission de préparer les jeunes à entrer sur le marché du travail avec suffisamment de confiance en leurs compétences et leur résilience. Une collaboration plus étroite entre l’enseignement et le monde du travail, dans laquelle les entreprises donnent un aperçu de la réalité concrète du terrain, peut apporter une grande valeur ajoutée. » conclut Patrick Boone, Chairman de PwC Belgium.
Enfin, les travailleurs belges ont moins confiance que leurs collègues internationaux dans leur capacité à faire preuve de résilience sur le plan professionnel, ce qui peut également expliquer leurs préoccupations concernant la sécurité de l’emploi. Les conclusions de PwC montrent néanmoins que les travailleurs qui ont accès à la formation et au développement personnel se sentent non seulement mieux préparés au changement, mais ont aussi davantage confiance dans leur avenir professionnel. Investir dans les compétences liées à l’IA et dans d’autres compétences constitue un levier important tant pour la motivation que pour l’employabilité durable. Il est frappant de constater que les personnes moins exposées aux outils d’IA et à leurs applications potentielles dans leur fonction se sentent également moins connectées aux possibilités de formation plus générales. Mobiliser ce groupe en particulier pourrait apporter une valeur ajoutée importante tant aux travailleurs qu’aux employeurs.
À propos de l’enquête Global Workforce Hopes and Fears Survey 2026 de PwC
L’enquête Global Workforce Hopes and Fears Survey 2026 de PwC a recueilli les réponses de 49 364 travailleurs dans 48 pays et régions et 29 secteurs en mai et juin 2026. Les chiffres présentés dans ce rapport sont pondérés proportionnellement à la répartition par sexe et par âge de la population active dans chaque pays ou région, afin que les opinions des travailleurs soient globalement représentatives de l’ensemble des principales régions géographiques.