Les entreprises belges souhaitent davantage d’options locales et de résilience numérique, mais restent fortement dépendantes de leurs fournisseurs critiques

Bruxelles, le 15 octobre 2026 – Les entreprises belges réagissent plus fortement que leurs homologues étrangères aux tensions internationales. Elles souhaitent rapprocher leurs données et leurs systèmes et réduire leur dépendance à un seul fournisseur. Mais celles qui veulent quitter leur partenaire informatique se heurtent à des contrats et à des dépendances. C’est ce qui ressort des résultats belges de la PwC 2027 Global Digital Trust Insights Survey. Près de 4 000 dirigeants d’entreprise et responsables informatiques dans 71 pays ont été interrogés, dont 75 en Belgique.
Vouloir partir, mais rester prisonnier
Les entreprises belges souhaitent être moins dépendantes de fournisseurs informatiques étrangers. Près de six sur dix conservent des copies de sauvegarde de leurs systèmes dans leur propre pays ou région (59 %) ou passent à un fournisseur de cloud européen ou régional (57 %). Mais cette intention se heurte à la réalité. Deux entreprises sur trois (64 %) ne savent pas vraiment comment se désengager de leur principal fournisseur informatique si cela s’avérait nécessaire. Et six sur dix (61 %) éprouvent des difficultés à faire respecter par ce fournisseur ses engagements en matière de services et de sécurité. Les entreprises veulent donc davantage de contrôle, mais restent aujourd’hui fortement liées à leurs partenaires actuels. C’est pourquoi elles souhaitent suivre plus rigoureusement ces fournisseurs et sous-traitants. Il s’agit du changement le plus souvent cité (57 %).
Cette préoccupation ne vient pas de nulle part. Les grandes cyberattaques qui ont touché la Belgique ces derniers mois sont chaque fois passées par un tiers, qu’il s’agisse d’une faille chez un fournisseur de logiciels de sécurité ou d’un logiciel piraté chez un sous-traitant. Votre propre sécurité n’est jamais plus forte que celle de vos fournisseurs.
Beaucoup de discussions sur les cyberattaques, mais peu de préparation
En Belgique, la cybersécurité figure plus souvent à l’ordre du jour du conseil d’administration qu’ailleurs : 57 % des répondants se disent tout à fait d’accord avec cette affirmation, contre 47 % à l’échelle mondiale. Pourtant, les actes ne suivent pas toujours. Seules 22 % des entreprises belges disposent d’un plan d’urgence entièrement élaboré en cas de cyberattaque. C’est à peine plus de la moitié du niveau mondial. Le sujet est également moins souvent abordé au sein du comité de direction, où se prennent les décisions quotidiennes (36 % contre 45 % à l’échelle mondiale).
Les entreprises belges se sentent aussi moins armées face aux attaques « classiques » qui ciblent les personnes : les escroqueries consistant à manipuler les collaborateurs, comme le phishing (38 % contre 22 % à l’échelle mondiale), la fraude au CEO et la compromission de comptes de messagerie (36 % contre 24 %), ainsi que les attaques qui mettent des sites web hors service en les submergeant de trafic (34 % contre 25 %).
Davantage de moyens pour la cybersécurité, mais pas pour l’IA
Presque toutes les entreprises belges (91 %) dégageront davantage de moyens pour la cybersécurité en 2027. Un tiers augmentera même ce budget de plus de 10 %. À l’échelle mondiale, seule une entreprise sur cinq le fera. La destination de ces investissements est révélatrice. Dans le monde, plus de la moitié des entreprises (58 %) placent l’IA parmi leurs principaux investissements en cybersécurité. En Belgique, elles ne sont que trois sur dix (29 %). Les entreprises belges privilégient d’abord les fondamentaux : mieux protéger leur réseau (41 %) et externaliser la sécurité auprès de partenaires spécialisés (41 %). La responsabilité de la supervision de l’IA diffère également. En Belgique, elle incombe généralement au responsable de la sécurité informatique (58 %, contre 17 % à l’échelle mondiale). La présence d’un responsable de l’IA distinct au sein de la direction reste rare : à peine une entreprise sur dix en dispose (9 %), contre une sur quatre dans le monde (26 %).
« Les entreprises belges comprennent bien que les tensions internationales constituent également un risque numérique. Elles veulent rapprocher leurs données, et c’est un bon réflexe. Mais cela ne suffit pas à assurer leur sécurité. La vraie question est la suivante : que faites-vous le jour où votre principal fournisseur informatique est piraté ou fait défaut ? Aujourd’hui, seule une entreprise sur cinq dispose d’une réponse élaborée. C’est par là qu’il faut commencer. » Xavier Verhaeghe, Advisory leader, PwC Belgique
Experts de PwC :
- Xavier Verhaeghe, expert en intelligence artificielle – Co-leader IA de PwC Europe & Advisory Leader de PwC Belgium
- Pascal Tops, expert en gestion des risques, conformité et cybersécurité – Partner chez PwC Belgium
- Wim Rymen, expert en risques IT et assurance – Partner chez PwC Belgium
À propos de l’étude
Dans le cadre de la 2027 Global Digital Trust Insights Survey, PwC a interrogé, entre le 6 mai et le 15 juillet 2026, 3 934 dirigeants d’entreprise et responsables informatiques dans 71 pays, dont 75 en Belgique. Les trois quarts d’entre eux occupent une fonction dirigeante. Certaines questions n’ont été posées qu’à des fonctions spécifiques (entre 56 et 59 répondants en Belgique). Ces résultats sont indicatifs. Le rapport complet est disponible sur pwc.com/dti.
À propos de PwC
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Tess Minnens